Audiences · Méthode
Compter deux publics sans les fondre en un seul chiffre
Les organisateurs bretons qui tiennent un flux parallèle cessent, peu à peu, d’additionner chaises et connexions. Reste à dire ce que chaque jauge mesure vraiment.
Pendant deux saisons, les dossiers que nous lisons à Lorient additionnaient encore chaises occupées et connexions simultanées, comme si l’unité de compte allait de soi. Cette habitude produit des communiqués flatteurs et des arbitrages faux : on coupe un atelier en salle parce que « le digital a bien marché », alors que le fil n’a tenu que vingt minutes après l’ouverture.
Les équipes qui s’en sortent tiennent deux colonnes distinctes. La jauge salle dit la densité, la chaleur, la capacité d’un hall à retenir. La jauge distante dit la présence déclarée, rarement l’attention. Quand un organisateur accepte de publier le pic et la médiane, le récit change : un congrès de 400 personnes en Bretagne avec 90 connexions stables n’est pas « un événement de 490 ». C’est un événement à deux publics, avec deux hospitalités.
Nous recommandons d’écrire ces deux chiffres dès le brief, et de nommer la personne responsable de chacun. Sans cela, le plateau croit parler à tout le monde et ne parle vraiment qu’à la lumière qu’il a sous les yeux.